The White Stripes Live !

C'est presque avec prudence qu'on avance sur le chémin du Zenith.
Les White Stripes y sont de passagespeu avant la sortie de leur très attendu sixième album.
La dernière fois, ils avaient rempli deux zénith explosifs dans une mèsse d'orgues et de guitares digne des plus grandes tournées sixties.
Mais cette foi-ci, les choses sont bien différentes.
Il y avait même des pessimistes.
Certains avaient peur qu'ils ne soient pas à la hauteur, peur que leurs concerts ne soient plus qu'un immense cirque en rouge et blanc, peur que Jack White at définitivement tronqué sa guitare pour une cornemuse.
Le temps est d'une lourdeur indescriptible.

Le Zénith est une bouilloire en ébullition.
Impossible de se déplacer dans la fosse sans perdre au moins 20 litres de sueur par pas.
Sur la scène, le décor est plus simple que la dernire fois.
Ni palmier hawaïen, ni pomme clignotante, seul un immense drap rouge accroché au mur du fond, un drap rouge sang.
Le public est tendu comme jamais: au moindre silence, au moindre mouvement sur scène, la salle est remplit de hurlements qui s'élèvent d'un peu partout.
Les White Stripes n'ont pas le droit à l'erreur, tout le monde les attend au tournant.
C'est presque timidement que Jack et Meg, de rouge vétus; envahissent la scène.
Ni cape ni haut-de-forme cette fois-ci, seulement un T-shirt, presque classique pour eux.

Au premier accord, tous les doutes s'envolent en éclat.
Cris, violence, la salle est déchainée.
Le concert sera un mélange de nouveaux titres, très bien acceuillis, et d'anciens tubes.
Jack est survolté, passant de l'orgue à la guitare slide en un éclair.
Il hurle dans les 5 micros dispersés sur la scène comme si sa vie en dépendait, il fait chanter le public, il se tord dans tout les sens.
Au contraire, Meg reste très calme, comme toujours, presque timide lorsque son frère lui laisse la place sous les projecteurs pour un "Cold, Cold Night" tout en finèsse.
Bien sur, Jack est le maitre à bord mais, à chaque chanson, chaque accord, chaque note, il regarde sa "soeur" comme pour attendre son approbation.
Elle, cheveux noirs flottants dans le vent et oeil malicieux, lui répond par un sourire en coin des lèvres.
Pendant ce temps, sur le drap rouge, leurs ombres sont dos à dos, collés comme par magie.
Les White Stripes sont donc toujours ces alchimistes qui allient autant la qualité des chansons à la perfection de leur image: une image rouge sang.

Ils jouent peu de titres de "Get Behind Me Satan" et d'"Elephant", se concentrant surtout sur ceux du nouvel album.
"Icky Thump" est génialissime, mieu en live que sur disque.
Lorsque Jack se penche vers l'orgue, posant ces doigts sur les touches glacées et qu'il calme peu à peu le rythme, tout devient fou.
Car c'est ce calme qui nous détruit, ce calme qui nous agite, ce calme qui se nomme violence.
"Icky Thump who'da thunk sittin' drunk on a wagon to mexico".
Nous ne sommes que trois dans la salle maintenant: Meg, Jack et Nous, la foule!
Une puissance électrique et indescriptible se dégage du médiator ou de la baguette de Meg.
Tout explose, les atomes n'existent plus.
Nous nous transformons en particules chargées, il nous est impossible de nous arrêter, de nous asseoir... on doit danser, hurler et se déchainer jusqu'au dernier accord, point d'orgue à cette folie.
Comment ces deux personnes peuvent-elles tant réussir à déchainer les foules ?
C'est le grand mystère de ce groupe.
La recette est un mélange de country, de heavy metal, pop bacharachienne, orgue dégoulinant, violence éléctrique...
Tout cela caché dans une boite rouge et blanc.
Ici, on appelle ca White Stripes !

Le rappel sera simplement dantesque.
Un mélange de tous leurs tubes suivi du "I Just Don't Know What To Do With Myself" de Burt Bacharach et de "Seven Nation Army" hurlé par le Zénith pendant au moins un quarts d'heure.
On retiendra la reprise de "Jolene" qui fit allumer quelques malheureux briquets sur les gradins.
On se souviendra du fou furieux qui parviendra à monter sur scène au grand dam des vigiles.
Et, comme pour narguer et faire définitivement taire ceux qui doutaient, ils sont toujours dos à dos, collés cntre le mur roug sang, jusqu'à l'éternité.
Mais ... quelle éternité ?
Enfin, ils se prennent en photo, polaroids collector qu'ils jettent por quelques chanceux.
C'est le dernier accord, final cette fois-ci.
Ils s'approchent, saluent, rideau.

Un ami m'attrape: "Mec, j'ai joui ! J'ai putain de joui pendant qu'ils jouaient !"
Tout est dit .
Dehors, la pluie commence à tomber.
Echec et mat : Ce soir, ce sont les rouges et blanc qui ont gagné.
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# Posté le lundi 19 novembre 2007 15:37

Aux Grands Daft Punk !

Daft Punk est de retour sur scène ,
après de longues années passées loin des salles hexagonales. Et à Bercy ! Les rumeurs circulent. En gros, les impatients annoncent le show du siècle. Parlent d'une pyramide de lumière multicolore, d'écrans qui flashent et de jeux de lumière qui vrillent. Les deux robots parigots sont attendus, pas moins qu'une Madonna ou qu'un Mickael Jackson. Ils sont devenus des stars internationales, les symboles d'une réussite pas croyable. Des francais, on les en remercie. La salle est bien sur comble, la fosse est bourrée a craquer. Kavinsky sert les hors-d'oeuvre et brasse large lors d'un mix efficace, ou les émotions des spectateurs sont manipulées avec tact, élégance et maintien, groove aussi. Prodigy chante une certaine idée de la violence.
Il est 21h27.
Les ténèbres tombent sans prévenir sur Bercy.
c'est parti.

Rencontre du troisième type en guise d'intro. Deux mondes vont , semble-t-il, se percuter. Latension est énorme. La scène se déoivle: au centre, la pyramide aux murs faits d'écrans, dans laquellele duo va maltraiter ses machines. De chaque cotés, un écran immense, tout comme en fond de scène. Deux robots apparaissent. Thomas Bangalter à gauche et Guy-Manuel de Homen Christo à droite. Evidemment cachés sous un casque intégral et vétus d'une combinaise probablement faite de cuir. Deux mutants, deux motards d'une apocalypse heureuse.

Là, des milliers detéléphones portables sont braqués vers cette porte spatiotemporelle, comme une pluie d'étoiles gloutonnes. C'est beau, terrifiant et Beau ."Robot Rock" ouvre véritablment le bal. Leméssage est clair : plus humain que machine tout de même. "Humanity". Lumière est blanche, puissante, presque aveuglante. Daft Punk s'agite tout en haut de sa pyramide, les mains s'activent mais restent cachées.

Un "Oh Yeah" traverse la transe, clin d'oeil à 1996 et au premier album. Le public hurle, siffle, cautionne sans attendre. Il fixe la scène, spectacle hallucinant à tout de même 38 euros, ou le futur semble se raconter au présent. L'écran en arrière-plan balance des mots géants, un "Fuck" s'incruste durablement. Lalumière passe au rouge. La foule réagit autant aux variations de couleurs qu'aux changements de rythmes. "Technology, Television, Nation" , les mots deviennent des sons et les sons , des mots. Formidable ! Thomas lève le poing. Le bleu déboule. Moroder n'est pas loin. On danse, obligé ! Le Vert s'installe. Les premières sonorités vraiment acides se pointent. Avant de céder la place à "Around The World", on imagine la suite: L'émeute. Une boite de nuit de province transportée sur Pluton. Comme un grand jeu télé ou il n'y aurait rien a gagne . Le pied. La pyramide elle aussi s'illumine. un jeu Simon égyptien ou un Rubik's Cube spatial, on ne sait plus vraiment, on adhère, voila tout .

Premier arret. Premier silence. Une ambiance digne du film "Tron" s'installe. Une cloche résonne , une cloche appartenant désormais a l'inconscient collectif. "One More Time". Hystérie ! Daft Punk et le public célèbrent l'instant. La sono de Bercy, pour une fois, honore la musique plus qu'elle ne la maltraite. Daft Punk enchaine avec l'exceptionnel et vicieux "Rollin' & Scratchin ", malheureusement trop court. Ce titre aurait mérité un matraquage de huit minutes. Tant pis. Daft Punk applaudit son audience. Nouvelle coupure. "Da Funk" est lancé. On pense parfois à un drole de medley, mais ca enchaine comme pas permis, chaque spectateur au centre de la machine. Daft Punk salue encore le public., Thomas lève les deux doigts si cher aux fans de heavy metal. " Human After All".

22h48: Rappel. Comme un groupe de Rock, bizarre...
Là débute un festival de lucioles improbables, tout ce que bercy compte de portables et de briquets s'allument au même moments. Magnifique ! "On se croirait dans l'espace", confie une petite et charmante voisine. Oui ."Mais dans l'espace SFR(rires)", s'entend-elle répondre. Sur l'écran , "Human", répété comme un mantra. Le beat accélère. Les Daft Punk dans le noir s'électrissent, les deux combinaisons passant au rouge. Le délire ! "One More Time". Encore ! Après 1h40 de show total, le logo sang Daft Punk apprait dans l'obscurité. C'est la fin. Le public est ravi mais le public en voulait plus , encore plus . Quelques sifflets l'indiquent.

Mais l'important; c'est que Daft Punk a ce soir écrit une nouvelle page de l'histoire, dépassé les codes, offert un spectacle dantesque visuellement et ensorcelé le monde . Et les deux anonymes les plus célèbres de la planète n'étaient peut-être même pas là . L'avantage du masque.

Seule compte la musique .

Daft punk a tout compris !
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# Posté le samedi 17 novembre 2007 04:02

Modifié le samedi 17 novembre 2007 05:04

Pete c'est un peu Harry Potter(pour vous les moldus).

Pete c'est un peu Harry Potter(pour vous les moldus).
La musique et en particuler le Rock (et je ne parles pas de toutes les merdes qui sortent chaque jours et qui passe en boucle sur nrj et fun radio)sont un des derniers bastions de la résistance face a la mondialisation et l'uniformisation du monde .

Donc en ce sens et dans le domaine musicale je considère Mr Doherty comme "l'élue" si l'on puis dire .

Je vis avec des rêves de des idéaux qui sont incarné par lui ! Doherty c'est notre espoir .

Alors vous qui n'y comprenner rien , c'est aussi simple que ca :

Arrétez de considerer Pete Doherty comme le dernier des junky, car pour vous donnez une image,(puisqu'il n'y a que cela qui marche avec vous ...) Pete en quelque sorte c'est Harry Potter.

L'état,les politiques,les journaux,la police,Sarkozy,La télévision ... ILS MENTTENT ! TOUS ! aucun deux n'est sincère .

Pete a des défauts mais il ne les cachent pas , il est sincère avec nous et la terre entière ...

Le monde imaginaire est a porté de bras il suffit de les ouvrir (les yeux) .

# Posté le mercredi 14 novembre 2007 05:13

Modifié le jeudi 15 novembre 2007 12:09

La Grande Histoire des Rolling Stones

Le rock possède deux sortes de légendes. Il y a celles qui brûlent en plein vol : les musiciens qui meurent trop jeunes ou les groupes qui se séparent, laissant traîner derrière eux on ne sait quelles suppositions sur ce dont ils étaient capables. Et il y a ceux qui vieillissent, perdant le plus souvent la fougue de leurs primes années. Les Rolling Stones habitent un entre-deux plutôt inconfortable. Cités partout comme un des groupes les plus importants de l'histoire, ils ont leur mythologie tragique (celle de Brian Jones), mais sont aussi devenus les plus illustres papys du rock, poursuivant au 21ème siècle les tournées qu'ils faisaient déjà dans les années 60.

L'origine des Rolling Stones remonte à très précisément à 1960. Keith Richards et Mick Jagger sont deux adolescents de la petite bourgeoisie banlieusarde (Dartford), qui se désintéressent complètement de leur modèle familial. Mick boit pour oublier ses études d'Economie. Quant à Keith, il montre une inadaptation parfaite aux études, préférant jouer de la guitare en grillant ses premières cigarettes. Tous deux partagent une passion : le blues, dont ils collectionnent fiévreusement les disques, alors introuvables : Howlin' Wolf, John Lee Hooker, Willy Dixon, BB King et bien sûr, Muddy Waters, auteur de la phrase : “I am a man/I'm a Rolling Stone” (“Mannish Boy”). S'ils apprécient le rock'n roll noir de Chuck Berry ou Bo Diddley, ils méprisent sans appel les premiers rockeurs anglais, Cliff Richard en tête et manifestent un intérêt très limité pour la musique d'Elvis Presley. Bref, ils sont déjà complètement à contre-courant.

Un jour de 1962, ils rencontrent dans un club un jeune guitariste nommé Brian Jones. Bien qu'il n'ait qu'un an de plus qu'eux, le jeune homme affirme avoir bien vécu, consomme déjà des drogues variées et s'invente une vie fabuleuse de hors-la-loi, avec des enfants illégitimes en Suède et plusieurs révoltes derrière lui. Surtout, c'est un érudit du blues, rompu au bottleneck. Les Rolling Stones naissent, bientôt rejoint par Ian Stewart au piano et, l'année suivante, Charlie Watts (batterie) et Bill Wyman (basse), qui remplace l'éphémère Dick Taylor, parti terminer ses études.

Dès 1963, les Stones découvrent une sorte de leader occulte en la personne d'Andrew « Long » Oldham. Agé de 19 ans, ce manager s'impose comme un digne héritier du Colonel, le fameux homme de main d'Elvis. Sentant que l'Angleterre s'ennuie ferme, il décide de faire des Stones un instrument sexy de provocation et d'agitation culturelle. Ian Stewart, avec son look de bon père de famille, reste dans le groupe mais se trouve écarté des photos officielles : une situation qu'il vivra, plus ou moins facilement, jusqu'à sa mort dans les années 80... Les cinq autres adoptent des poses, des mines et une attitude qui, quelques mois plus tard, deviendront l'étalon d'un certain rock'n roll. Deux 45 tours, (« Come On », signé Chuck Berry et « I Wanna Be Your Man », un titre de Lennon et MC Cartney), leur suffisent pour conquérir les télévisions européennes, les festivals de rythm'n blues et les radios. Partout, à Blackpool comme à Paris, leurs concerts déclenchent des émeutes miniature, où l'on casse tout ! Le groupe détrône alors Gene Vincent et Eddie Cochran dans le c½ur des blousons noirs et devient le symbole d'une jeunesse rebelle, par opposition aux « gentils » Beatles.

Publiés en 1964, leurs deux premiers albums comportent les premières compositions signées Jagger/Richards. Mais le groupe brille toujours par ses reprises : « Not Fade Away », « Time Is On My Side », « It's All Over Now »... Brian Jones est la figure central du groupe. Blond ténébreux et inquiétant, il reste le maître de ce répertoire et est au centre des orchestrations. Un nouveau son anglais se développe, que viennent défendre une flopée de nouveaux groupes partageant les mêmes passions : The Animals, The Moody Blues, The Yardbirds... Et les Stones se retrouvent naturellement au centre du mouvement !

Pourtant c'est l'année suivante qu'ils rentrent dans l'histoire. Avec la lugubre ballade « Heart Of Stone », Jagger et Richards montrent la pertinence et l'originalité de leurs compositions. Et dès lors, les faces A des 45 tours leur sont systématiquement confiées. Ce qui donnera, successivement, « The Last Time », « Play With Fire » et surtout, « Satisfaction », coup de génie redéfinissant en 3 minutes 45 les codes du rock. De nombreuses légendes courent sur ce morceau. Keith Richards aurait par exemple imaginé en rêve ce riff qui le structure du début à la fin. Toujours est-il qu'il frappe durablement l'imaginaire des adolescents : ses connotations à la fois sexuelles et politiques en fond un véritable hymne révolutionnaire. Et sa violence radicalise le rock, le détachant du blues et du swing dans lesquels le rock'n roll baignait jusqu'alors.

Les Rolling Stones ont ouvert une porte et le savent. Dans leurs 45 tours suivants, « Get Off Of My Cloud » (fin 1965) ou « 19th Nervous Breakdown » (début 1966), ils repoussent toujours plus loin les limites. Malgré leurs paroles d'une rare misogynie, ils s'imposent du même coup comme les idoles de millions de fans, fascinées par leur aspect ténébreux. Et, au même titre que Dylan ou les Beatles, ils méritent d'être considérés comme les porte-paroles d'une génération refusant les valeurs de ses parents. Dès 1965, une chanson comme « As Tears Go By » montre aussi une toute autre facette du tandem Jagger/Richards : cette tendre et nostalgique ballade, créée par Marianne Faithfull dans une version baroque, inaugure une sorte de discographie parallèle, que certains fans porteront au pinacle : « Ruby Tuesday », « She's A Rainbow », « Dandelion »...

« Aftermath », en 1966, fait partie des disques qui préfigurent l'ère psychédélique. Entièrement composé de morceaux originaux, il marque l'apogée et le début du déclin de Brian Jones. Des morceaux comme « Paint It Black », « Under My Thumb », « Mother's Little Helper » ou « Lady Jane » brillent par la nouveauté de leurs arrangements, maniant le sitar, le marimba ou le clavecin. Et Jones demeure l'étonnant multi-instrumentiste coordonnant ces innovations. Mais pour ce qui est du lyrisme sombre, Jagger et Richards sont désormais seuls sur leur piédestal, rejetant peu à peu tous les autres membres du groupe dans l'ombre. Malgré ses quelques faiblesses – une poignée de morceaux un peu yéyés – le disque est reconnu presque partout comme un chef d'½uvre. Et les Stones concluent l'année par un somptueux disque en public : « Got Live If You Want It ! ».

1967, année où explose le mouvement hippie, va marquer leur descente aux enfers. Après quelques 45 tours abrasifs, en particulier « Let's Spend The Night Together » (censuré par la BBC) le groupe se retrouve pris dans la plupart des pièges de l'époque. Mick Jagger s'embarque avec Marianne Faithfull dans la pénible expédition organisée par les Beatles auprès de leur Maharishi. Et la drogue commence à miner sérieusement leur cohésion. Arrêtés à plusieurs reprises pour possession de divers produits illicites, Jagger et Richards n'échappent à la prison que grâce à un véritable mouvement de soutien populaire. Mais c'est surtout Brian Jones qui voit, jour après jour, sa santé se détériorer à vue d'½il. Après « We Love You », festif 45 tours immortalisant le verdict de leur procès, les séances de « Their Satanic Majesties Request » rentrent dans l'histoire pour leur climat chaotique. Souvent improvisé – et rarement enregistré avec l'ensemble du groupe – le disque est défendu par une partie de la presse, mais comporte peu de classiques ayant traversé le temps... même si « 2000 Light Years From Home » ou « She's A Rainbow » ont une saveur particulièrement unique.

Le 45 tours « Jumpin' Jack Flash » et l'album « Beggars Banquet » marquent la reprise en main du groupe par Jagger et Richards. Revenu à un son plus rock, les Stones enchaînent les titres rebelles : « Sympathy For The Devil », « Street Fighting Man », « Salt Of The Earth », bande-son parfaite d'une année politiquement chargée. Ni le blues, ni l'esprit expérimental ne sont abandonnés. Et leur nouveau dosage fait des étincelles. Mais Brian Jones semble ne pas voir tout cela. Dans le « Rolling Stones Rock'n Roll Circus », étonnant film réalisé la même année – où l'on croise John Lennon, Eric Clapton ou Jethro Tull – le guitariste apparaît comme un spectre au regard vide, rongé par l'alcool et les drogues dures.

La nouvelle de son exclusion et de sa mort, le 3 juillet 1969, se suivront de quelques mois. Et encore aujourd'hui, les circonstances de ce décès restent mal élucidées : si les hypothèses d'une overdose ou d'un suicide restent les plus probables, Keith Richards affirma à Nick Kent sa conviction qu'il s'agissait d'un assassinat (voir « L'Envers Du Rock »). Quoi qu'il en soit, « Let It Bleed », paru la même année, sonne comme un requiem. Plus sombre que le plus sombre de leurs précédents disques, il alterne les derniers accords de Jones et les premiers de Mick Taylor, guitar-hero appelé à le remplacer. Et de l'apocalyptique « Gimmie Shelter » au doux-amer « You Can't Always Get What You Want », l'album donne au rock un nouveau lot de classique. La légende noire des Stones trouve un nouvel épisode la même année à Altamont : un spectateur se fait assassiner par le service d'ordre du groupe au beau milieu d'un de leur concert. Pour beaucoup, cette mort marque la fin du « Summer Of Love » et de la croyance naïve des hippies en la paix et l'amour universels.

Les Rolling Stones entament alors une nouvelle mue. Habitués à des tournées de plus en plus colossales, ils signent deux derniers classiques presque universellement reconnus : « Sticky Fingers » (1971) et le double « Exile On Main Street » (1972), marqué par la collaboration avec un autre grand maudit de la pop, Gram Parsons. Mais « Goat's Head Soup » (1973) et « It's Only Rock'n Roll » (1974) ne convainquent guère la critique, en dépit du tube « Angie » qui, contrairement ce qu'affirme à une légende tenace, n'a jamais été dédié à la femme de David Bowie.

Après deux années de silence, les Stones annoncent le départ de Mick Taylor et son remplacement définitif par Ron Wood, ancien soliste des Faces. Et dès lors, ils trouvent le rythme et le style qui leur convient encore actuellement. Glosant « Jumpin' Jack Flash » à l'infini (avec une touche très parcimonieuse de soul, sur des albums comme « Some Girls » ou « Emotional Rescue »), ils sortent un tube de temps en temps (« Miss You », « Start Me Up »...) et des albums réguliers, descendus par la critique mais achetés par des centaines de milliers de fans. Surtout, ils restent les champions du monde de la super-tournée, attirant des millions de spectateurs venus voir un mythe de plus en plus perdu dans les brumes du temps.

Après la mort de Ian Stewart et le départ de Bill Wyman en 1991, les Rolling Stones n'ont pas connu d'évolution majeure de personnel (leurs remplaçants n'étant toujours pas considérés comme des membres du groupe...). Leur dernier opus, « A Bigger Band », date de 2005 et leur dernière tournée, de 2006...




"Pendant longtemps, j'ai conduit ma vie comme si j'étais dans un show. Je jouais à la rock star vingt-quatre heures sur vingt-quatre, au point de devenir une caricature de moi-même. Lorsqu'on reçoit beaucoup trop d'attention, comme cela m'est arrivé, on risque de régresser à l'âge de l'enfance. C'est très dangereux, car on devient incapable d'exister sans le regard de l'autre. Et, artistiquement, on n'a plus rien à offrir. Il m'a fallu du temps pour comprendre que la plus grande escroquerie, c'est d'essayer de ressembler à sa légende". (Mick Jagger)
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# Posté le jeudi 08 novembre 2007 08:08

Ca fesait des mois qu'on en parlait sur le net ...

Ca fesait des mois qu'on en parlait sur le net ...
Le jour de la sortie de « Whatever People Say I am, That's What I'm Not », j'étais à la Fnac histoire de voir à quoi on avait affaire. J'ai enfilé le casque tartiné de milliers de cellules mortes et appuyé sur PLAY. Seul dans mon coin, j'étais d'humeur fusionnelle jusqu'à ce que deux types se pointent avec des tronches de forcenés en pleine crise de manque et se jettent sur les disques des Arctic Monkeys comme si on frôlait la rupture de stock. DEUX GROS NAZES. A y regarder de plus près, on se ressemblait pas mal, tous les trois. J'avais face à moi non pas un double, mais deux doubles. Troublant.

Les angoisses ont commencé à me travailler au corps quand je me suis rangé dans la queue menant aux caisses. ALLAIS-JE UNE NOUVELLE FOIS ME FAIRE BOURRER LE MOU PAR LA HYPE ? J'avais trop lu, trop écouté avant de découvrir l'objet en vente libre. Les journaux étaient tellement à fond qu'ils allaient jusqu'à disserter sur la pochette de l'album : la photo cheap d'un pote semi-défoncé du groupe. J'ai même lu qu'il s'agissait là d'une référence aux photos de Martin Parr. Je flairais l'arnaque. J'étais sur mes gardes. Cette fois, c'étais sûr, la hype allait avoir ma peau. Ce n'était pas la première fois que ça m'arrivait. J'étais donc submergé de sentiments parfaitement contradictoires. Allais-je former une communauté végétalienne avec mes deux doubles, histoire de vénérer pêle-mêle Arctic Monkeys, John Coltrane, Patti Smith, The Troggs et Miles Davis ? Ou bien devais-je hurler au scandale tout en me laissant enfumer par des marchands de soupe même pas française ?

Ni l'un. Ni l'autre. Arctic Monkeys est impeccable. Ils dépotent et jouent une musique sexy qui donne envie de se faire tatouer un macaque et de faire des trucs de dingues. Ils offrent tout ce qu'on souhaite : des tubes qui sonnent pas creux. Ca raconte des histoires et ça joue de la guitare. Et tant mieux si les ventes suivent. Plus de 360000 exemplaires écoulés en une semaine en Angleterre. Record absolu. Très bien. Merveilleux. Qu'on se le dise. Pour une fois qu'on bouscule les Beatles. Car la musique des quatre types de Sheffield assure vraiment. La basse est grasse comme de Fish and Chips. La voix semi-cockney d'Alex Turner boude et s'emporte tout au long de l'album. Les riffs de guitare sont coupants. C'est juste irrésistible et autoritaire. Et c'est parfois reposant d'obéir.
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# Posté le jeudi 08 novembre 2007 07:57